Mars 2017, Le Festival du livre de Paris ! Un des plus immenses événements culturels qui rassemble plusieurs centaines voir même quelques milliers de personnes des différents métiers du monde de la littérature et de différentes nations: auteurs, éditeurs, traducteurs, représentants des médias, homme politiques et bien sure les lecteurs qui sont “les personnages clés”, car ce sont leurs gouts et leurs préférences qui déterminent souvent le travail du paysage éditorial.

Comme l’a constaté Matthieu Biberon, l’éditeur de “L’éditions Ouest-France”… “ le Festival du livre à Paris est une synthèse de tout ce qui c’est passé dans la littérature française l’année dernière”. J’ajouterais ici: non seulement dans la littérature française, mais aussi dans la littérature d’autres pays. Cette année au Festival du livre de Paris on a pu remarquer les stands des écrivains et des maisons d’éditions du Maroc, de la Tunisie, de l’Algérie, de la Suisse, de la Roumanie, de la Pologne et plusieurs d’autres.

Paradoxalement, pour moi une des découvertes de cette année ce n’était pas un auteur français ou un autre auteur étranger, mais un auteur de mon propre pays d’origine, auteur russe Alekseï Varlamov et j’ai eu la chance d’assister à sa conférence au stand “Read Russia”.

« Read Russia » est un prix décerné par l’Institut de la Traduction (une association indépendante qui a pour but de promouvoir la littérature russe dans le monde et de soutenir les traducteurs et éditeurs étrangers qui travaillent dans ce domaine. Le prix Read Russia distingue le traducteur ou l’équipe de traducteurs ayant réalisé la meilleure traduction d’une œuvre littéraire russe (prose ou poésie) publiée à l’étranger au cours des deux années précédentes. Le prix comprend quatre catégories : prose contemporaine ; prose classique ; poésie contemporaine ; poésie classique. J’ai honte de le dire, mais depuis que je suis en France, je suis beaucoup plus les nouveautés et les tendances de la littérature française, d’autant plus que je réalise des traductions littéraires des auteurs français, notamment du français vers le russe.

Alekseï Varlamov est un nouveau nom pour moi, mais il n’est pas du tout nouveau sur la scène littéraire; il est le président de l’institut de littérature Maxime-Gorki, auteur de plusieurs romans et nouvelles; en plus d’être lauréat de plusieurs prix littéraires il réalise régulièrement des recherches et publications d’ouvrages sur les biographies des auteurs russes (parmi ses œuvres les livres sur la vie de Mikhail Prishvin, Alexandre Grine, Alexis (Alekseï) Tolstoï, Mikhaïl Boulgakov, Andreï Platonov, Vassili Choukchine) Je dirais qu’Alekseï Varlamov étant un spécialiste de la littérature russe du passé “la grande littérature russe”, dans ses propres ouvrages il arrive à joindre passé et présent en créant quelque chose de classique et de novateur en même temps. Sa conférence m’a redonné l’envie de découvrir la littérature russe contemporaine. Son discours était très fluide et poétique et démontrait sa grande érudition et ses connaissances exceptionnelles des biographies de ses confrères russes et de la culture russe en générale. Il parlait de Mikhaïl Boulgakov, d’Alekseï Tolstoy, de Saint-Pétersbourg et le rôle de cette ville dans l’évolution de la vie artistique et historique de Russie. C’était un véritable plaisir de suivre ce discours (surtout que celui-ci était parfaitement interprété par ma collègue Inna Khmelevskaya, j’ai admiré son travail, et vue que des fois le bon travail d’un interprète est oublié, ici je me permets de lui rendre “un hommage”).

Je n’aimerais pas être injuste par rapport aux autres participants du salon (de toute manière je n’ai pas eu le temps de visiter chaque stand et de tout explorer en détails), ou peut-être, suis-je un peu trop patriote, mais il me semble que le stand “Read Russia” était parmi les plus animés: une maquette de l’artiste russe de Novosibirsk qui symbolise l’amitié entre Paris et sa ville natale, une riche collection de livres en deux langues (en français et en russe) de “La librairie du Globe” ( Librairie spécialiste du russe et de la Russie en plein cœur de Paris) et une autre belle rencontre pour moi: une journaliste russe Maria Tischenko qui m’a questionné sur le métier de traducteur et interprète en France, les problèmes d’intégration des femmes russes, sur les particularités et les subtilités de la langue française et de sa culture. (Interview bientôt dans un magazine russe).

Il est impossible de raconter tous les événements qui ont eu lieu pendant ce Salon, les journées étaient bien remplies et intenses. Il s’agissait de mon premier Salon à Paris et je n’espère pas qu’il soit le dernier…